La créatrice de contenu et artiste Tamara García a pris part hier aux IV Journées de formation, d’innovation et d’emploi, où elle a participé à une table ronde sur la “création de contenu sur les réseaux sociaux”. Ancienne étudiante en Publicité et Relations Publiques à l’Université de Vigo, elle compte plus de 525 000 abonnés sur TikTok et 350 000 followers sur Instagram. Elle collabore également avec l’émission ‘Futuro Imperfecto’ de RTVE et le podcast ‘El Olimpo de las Diosas’.
Comment a-t-elle été invitée à cette journée ?
J’ai été contactée par la faculté. J’avais déjà eu des échanges avec quelques professeurs et la doyenne, Emma Torres, qui m’avaient fait part de leur plaisir à ce que je revienne partager mon expérience professionnelle et l’impact de ma formation. Dès le départ, j’étais également ravie de cette proposition, et après quelques tentatives, nous avons enfin pu organiser ma participation.
Qu’est-ce qui l’a le plus marquée lors de cette discussion sur la création de contenu ?
C’était très spécial de revenir, même virtuellement, à ma faculté d’où je suis partie. Le sujet offrait de nombreuses pistes de débat, notamment sur l’avenir de la régulation des réseaux sociaux, que ce soit par des politiques publiques ou par l’éducation en faveur d’une consommation responsable. J’ai trouvé très enrichissant de confronter mes idées à d’autres professionnels, car même si nous travaillons dans des contextes différents, nos parcours sont interconnectés. Comme je l’ai souligné lors de la discussion, il est impossible d’ignorer l’importance des réseaux sociaux et des créateurs dans le paysage actuel.
Quelle est la situation des créateurs de contenu aujourd’hui ?
Je pense que notre travail est de plus en plus reconnu et valorisé. Au départ, cela me semblait presque une blague (et cela l’est encore un peu pour moi), mais c’est devenu une profession sérieuse dans laquelle je m’investis vraiment. Les marques et les médias commencent à nous prendre au sérieux. Les réseaux sociaux représentent une vitrine immense, et même si les statistiques permettent de connaître notre audience, il est difficile de savoir qui nous observe réellement.
Quels sont les principaux défis pour les jeunes souhaitant se démarquer sur les réseaux ?
Le plus grand défi reste la quantité croissante de créateurs. La génération influencée par la pandémie a eu un coup de pouce grâce à la popularité de TikTok, et ceux qui se sont lancés à ce moment-là ont pu établir des connexions plus rapidement. Les pionniers comme les YouTubers et les Viners ont ouvert la voie, mais aujourd’hui, la saturation rend difficile la distinction parmi une masse d’informations.
Comment parvient-elle à maintenir son authenticité malgré un environnement saturé ?
C’est un défi. Après plusieurs années, l’inspiration peut diminuer et parfois, je me lasse de ma propre production. Le fait de travailler à la télévision, dans un podcast et au théâtre limite mon temps, et j’ai parfois négligé mes réseaux, qui sont pourtant à l’origine de ma carrière. J’essaie de puiser de l’inspiration auprès de profils que j’admire tout en évitant l’excès de contenu qui peut me faire perdre mon essence, même en revisitant mes anciennes vidéos. Je garde les pieds sur terre, car cette carrière peut être éphémère : si tout change et que je dois retourner uniquement sur mes réseaux, je serai aussi heureuse, car c’est là que tout a commencé.
Quels conseils donnerait-elle à des étudiants souhaitant travailler dans les réseaux ?
D’abord, identifiez ce qui vous passionne et pourquoi vous voulez créer. Pour ma part, j’éprouve un immense plaisir à faire ce qui fait partie de mon identité. Je ne me fies pas aux tendances, mais à ce qui me touche, car la passion transparaît à l’écran, tout comme l’insécurité. La régularité est importante, même si je ne me considère pas très constante : je privilégie le plaisir à la répétition. Il est aussi essentiel de ne pas être trop influencé par l’opinion publique : si vous croyez en quelque chose, continuez, car l’audience évolue également. Préférer toucher un public restreint mais authentique plutôt que de viser la viralité peut être une meilleure stratégie.
Comment gère-t-elle la pression du public et l’impact de ses décisions sur sa carrière ?
C’est une situation délicate. Bien que nous créions pour divertir et que les retours de l’audience soient nourrissants, il ne faut pas oublier de rester fidèle à soi-même. Répondre uniquement à ce qui fonctionne peut nous éloigner de nos réelles aspirations. J’essaie de me laisser guider par mon intuition : même si un contenu devient très populaire, cela ne me procure pas forcément de la joie, car cela touche souvent des personnes qui ne me connaissent pas vraiment. Je préfère avoir moins de followers, mais qui s’engagent véritablement avec ce que je produis.
Points à retenir
- La reconversion vers le numérique des professionnels de la création offre des opportunités nouvelles.
- Les réseaux sociaux ont transformé la manière de consommer l’information et d’interagir avec le public.
- La passion et l’authenticité demeurent les piliers d’une carrière réussie dans la création de contenu.
- La pression de la viralité peut nuire à la créativité. Se focaliser sur l’authenticité est crucial.
- Rester en accord avec ses valeurs personnelles et professionnelles peut enrichir l’expérience créative.
Ce débat autour de la création sur les réseaux sociaux nous pousse à réfléchir à notre rapport à l’information et à la transmission des idées. Dans un monde où l’attention est une ressource de plus en plus rare, la capacité à rester authentique tout en s’adaptant aux dynamiques changeantes du numérique devient un véritable art. Comment chacun d’entre nous peut-il apporter sa voix unique dans ce paysage saturé tout en maintenant son intégrité ? Cette question mérite d’être explorée tant sur le plan personnel que sociétal.

