Le député Wilson Soto (Acción Popular) a présenté un projet de loi visant à réglementer l’activité des créateurs de contenu numérique au Pérou. Cette initiative a pour but d’imposer des conditions afin d’éviter la diffusion de fausses informations, en particulier sur des sujets sensibles tels que la santé, l’éducation, la sécurité et le patrimoine. Le projet concerne les « influenceurs », les « streamers » et les leaders d’opinion qui produisent du contenu pour des plateformes digitales.
La proposition stipule que les personnes souhaitant diffuser des informations spécialisées devront posséder un diplôme professionnel ou une certification reconnue attestant de leur expertise dans le domaine. De plus, il est proposé de créer un Registre des Médias Numériques et des Créateurs de Contenu Digital, géré par la Secrétariat de la Gouvernement et de la Transformation Digitale, où tous les créateurs devront s’inscrire pour pouvoir exercer légalement.
« Ce n’est pas une question de restreindre la liberté d’expression. Nous avons vu que dans d’autres pays, ce sujet est déjà réglementé. Ce que nous proposons, c’est que pour aborder un sujet spécifique, par exemple la santé, il faut que la personne ait des compétences dans le domaine, comme un diplôme en médecine. Et pour parler de droit, il faut une formation juridique », a déclaré le député ce lundi sur Canal N.
« Tout le monde ne peut pas donner son avis ou faire des recommandations ; ce sont les spécialistes qui ont étudié pendant des années qui doivent le faire (…) Les leaders d’opinion (sans spécialisation professionnelle) peuvent aborder des thèmes comme le divertissement, l’humour, les voyages ou la mode. Nous ne sommes pas en train de les priver », a-t-il ajouté.
Obligations et sanctions
Parmi les obligations figurent l’exigence de transmettre des informations véridiques, de citer des sources officielles, de vérifier les données préalablement diffusées et d’indiquer si un contenu est sponsorisé, gratuit ou le fruit d’une collaboration. Il est également précisé que les créateurs doivent distinguer clairement entre leurs opinions personnelles et les affirmations basées sur des faits avérés, afin d’éviter toute confusion auprès de leur audience.
Le projet de loi comprend un régime de sanctions comportant des inhabilitations et des amendes. Pour des infractions très graves, telles que la diffusion d’informations mettant en danger la santé ou la vie, une inhabilitation de 60 jours à un an pour exercer l’activité est prévue, ainsi qu’une inhabilitation professionnelle pouvant aller jusqu’à trois ans. Pour des infractions graves, comme la promotion de faux traitements médicaux, des amendes pouvant atteindre 5 UIT (26 750 sols) seraient appliquées.
Dans son exposé des motifs, Soto Palacios affirme que cette mesure est nécessaire en raison de l’« abus » de la liberté d’opinion sur les plateformes numériques, où, selon lui, circulent des contenus sans fondement scientifique ni garanties de légalité, créant des risques pour la population. Si la loi est adoptée, le gouvernement aura un délai maximum de 30 jours pour établir son règlement.
Points à retenir
- Le projet de loi vise à encadrer les créateurs de contenu sur les plateformes numériques.
- Une certification ou un diplôme professionnel sera requis pour diffuser des informations spécialisées.
- Un registre des créateurs de contenu sera créé pour une identification formelle.
- Des sanctions, allant jusqu’à des amendes, sont prévues pour les violations sérieuses.
- La loi met l’accent sur la différenciation entre les opinions personnelles et les informations basées sur des faits.
Ce projet ouvre un débat essentiel sur la responsabilité des créateurs de contenu dans un environnement numérique de plus en plus complexe. À l’heure où l’information circule à grande vitesse, il devient crucial de se demander où se situe la frontière entre liberté d’expression et obligation de véracité. La question de la réglementation se pose non seulement pour protéger le public, mais aussi pour garantir une information de qualité. En ce sens, une réflexion sur notre propre consommation d’informations pourrait être bénéfique à tous.

