Les experts contemporains s’accordent à dire que l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) comme outil d’assistance pour la collecte, l’organisation et la rédaction des informations est acceptable tant que le chercheur reste le principal contributeur et l’ultime décideur. En revanche, si l’individu se repose entièrement sur la machine, signant ensuite son nom sur un contenu intégralement produit par l’IA sans véritable effort intellectuel, il tombe alors dans la tromperie et le mensonge, des pratiques inacceptables tant dans la vente que dans le domaine académique.
La fatwa précise que, selon le droit, le principe fondamental est que ce qui est bénéfique est permis et ce qui est nuisible est interdit, sauf indication contraire. Ce principe s’applique aux questions qui émergent après l’établissement de la législation, où aucun texte spécifique ne s’applique. Le Coran dit : “Dis : je ne trouve dans ce qui m’a été révélé de la part de mon Seigneur rien d’interdit pour un mangeur”.
Le Prophète Muhammad a également déclaré : “Certes, Allah a imposé des obligations, ne les négligez pas; et il a interdit certaines choses, ne les enfreignez pas”.
De ce fait, l’utilisation de toute nouvelle technologie, y compris l’IA, est initialement permise, à condition que ses inconvénients ne surpassent pas ses avantages. Si l’IA est employée comme un moyen au service d’une fin légitime, son utilisation est considérée comme légale.
La création de contenu scientifique via l’IA peut se manifester de deux façons :
1. Utilisation comme simple assistant dans la recherche, avec le créateur qui vérifie et reformule les informations, en les attribuant à leurs sources. Dans ce cas, son utilisation est permise.
2. Si l’IA effectue l’ensemble du processus de recherche, du début à la fin, en s’attribuant le contenu, alors cela devient interdit. Voici pourquoi :
1. S’attribuer les résultats générés par l’IA constitue une tromperie, car cela laisse croire que le contenu est le produit d’une réflexion personnelle.
2. Cela équivaut à se faire passer pour un expert, prétendant à une expertise qu’il n’a pas réellement, ce qui constitue un mensonge inadmissible.
3. Si les chercheurs n’utilisent que l’IA, cela pourrait freiner la recherche scientifique, en annulant l’exigence de collecter et d’analyser l’information de manière rigoureuse.
4. Il existe un risque de plagiat, l’IA se basant sur des contenus existants pour générer ses propres résultats.
5. L’IA peut fournir des informations erronées si le chercheur ne vérifie pas son exactitude, créant ainsi des confusions dans les milieux académiques.
En conclusion, l’IA peut être un outil valide pour la création de contenu scientifique, à condition qu’elle ne remplace pas l’implication et l’expertise du chercheur. Si l’IA est utilisée pour produire totalement le contenu au lieu d’assister à la recherche, cela devient problématique.
Points à retenir
- L’IA est un outil autorisé tant qu’elle reste un assistant et que le chercheur en reste le principal acteur.
- Un usage abusif de l’IA peut mener à des pratiques trompeuses et à une dévaluation de la recherche académique.
- La nécessité de vérifier les informations reste cruciale pour maintenir l’intégrité scientifique.
- Les questions de plagiat et de droits d’auteur sont particulièrement pertinentes dans le contexte de l’IA.
- Le dialogue autour de l’utilisation de l’IA en recherche doit être enrichi par les implications éthiques de son utilisation.
Dans un monde où la technologie évolue à grande vitesse, il est essentiel de réfléchir à notre rapport à ces nouveaux outils. L’IA, bien qu’elle offre d’innombrables possibilités d’optimisation, ne devrait jamais remplacer le jugement critique et la créativité humaine. Ce défi pose la question de notre place face à ces avancées technologiques : comment équilibrer l’efficacité apportée par l’IA tout en préservant la richesse de l’intellect humain ? La réponse peut bien définir le futur de notre société.

