
Les systèmes de gestion de contenu (SGC) traditionnels ont été conçus à une époque où il suffisait de publier un texte et quelques images. Cependant, avec l’évolution des besoins des consommateurs et des entreprises, ces systèmes peuvent devenir des freins à l’innovation et à l’amélioration de la présence en ligne.
Michael Lukaszczyk, PDG et co-fondateur de la plateforme de contenu Hygraph, soutient que les entreprises ont besoin d’une solution qui soit à l’épreuve du temps. Nous avons échangé avec lui pour en savoir plus.
Non Stop Reality : Quelle est l’importance du contenu dans l’offre d’expériences clients modernes ?
ML : Le contenu est fondamental pour les entreprises contemporaines. Les projections estiment que le marché mondial de la création de contenu numérique atteindra 24 milliards de dollars d’ici 2027. De plus, les consommateurs exigent des expériences numériques connectées. Offrir simplement des textes et des images ne suffit plus à prospérer dans l’économie du contenu. Les entreprises doivent améliorer leurs capacités et garantir des expériences rapides et personnalisées, à l’instar d’Amazon et de Netflix.
Cependant, de nombreuses organisations peinent encore à exploiter pleinement la valeur de leur contenu, en raison de défis liés à la personnalisation et à l’intégration qui ralentissent la création de nouveaux services numériques complexes à grande échelle.
Non Stop Reality : Pourquoi l’approche traditionnelle des SGC n’est-elle plus adéquate ?
ML : Les besoins des clients ont considérablement évolué ces 20 dernières années. La première génération de SGC était basée sur une relation directe entre une interface d’administration et un site web. Avec l’explosion des dispositifs, tels que les smartphones et les assistants vocaux, cette relation est devenue multiple. C’est ainsi qu’est apparu le SGC sans tête, qui permet une distribution de contenu indépendante des plateformes via des APIs.
Un SGC sans tête fonctionne en traitant précisément le contenu téléchargé, pour ensuite l’afficher exactement où et quand cela est désiré par le biais d’APIs. Cela offre aux organisations une bien plus grande flexibilité quant à la présentation de leur contenu et à la manière dont leurs clients l’expérimentent. Avec la montée du SGC sans tête, il est devenu nécessaire pour les organisations de construire et de gérer des logiciels personnalisés pour connecter toutes ces sources de contenu et dispositifs.
Alors que la demande pour des services numériques connectés continue de croître, les organisations risquent d’accumuler une dette technique significative en maintenant et en développant ces logiciels personnalisés. Construire tout sur mesure devient un frein à l’innovation. C’est coûteux, long, et difficile à réaliser efficacement. Ainsi, les architectes back-end et les développeurs se retrouvent en position de contrôleurs de l’architecture SGC, souvent au grand dam des équipes commerciales.
Non Stop Reality : Que signifie la montée des architectures composables pour les organisations ?
ML : Avec les architectures composables, les entreprises ne se contentent plus d’acheter ou de construire des systèmes monolithiques. Elles adoptent plutôt une approche modulaire.
Les architectures logicielles modernes comportent de nombreuses pièces mobiles, avec une diversité de systèmes qui contiennent des données exploitables pour de nouvelles applications ou expériences clients. Cependant, relier toutes ces sources représente un défi complexe qui génère une surcharge d’intégration significative.
Désormais, avec l’essor des architectures composables, les organisations s’éloignent du développement coûteux de logiciels personnalisés, se tournant vers la prochaine génération de gestion de contenu — les plateformes de fédération de contenu.
Non Stop Reality : Pourquoi l’approche fédérée du contenu est-elle la solution ?
ML : Tout comme l’approche SGC sans tête a révolutionné le secteur il y a une décennie, les plateformes de contenu fédéré représentent la nouvelle génération de gestion de contenu, permettant aux organisations d’innover plus rapidement et à moindre coût.
Aujourd’hui, les entreprises doivent diffuser du contenu sur plusieurs appareils, tout en utilisant le contenu dans leur propre infrastructure. Une approche fédérée du contenu permet une diffusion rapide et à grande échelle, tout en soutenant la croissance rapide de l’économie du contenu. Les entreprises qui restent bloquées dans le modèle SGC monolithique n’arriveront pas à offrir les expériences modernes que les clients attendent désormais comme une norme.
Avec la prochaine génération de SGC, il est possible de fédérer des sources de contenu via une API universelle. Les développeurs qui créent des expériences web ou mobiles n’ont plus qu’à travailler avec une seule API pour extraire du contenu de systèmes back-end diversifiés. En combinant la composabilité avec une approche fédérée, les entreprises peuvent anticiper l’avenir de leur investissement SGC et réduire considérablement leurs frais d’intégration.
Le contenu et les données ne se trouvent plus en un seul endroit, et la fédération de contenu est la gestion des contenus pour notre nouvelle réalité. Dans un marché compétitif, il est primordial pour les entreprises d’encourager l’innovation et de se distinguer de la concurrence. Les approches traditionnelles des SGC ne permettent pas de créer des solutions innovantes comme le prochain Netflix, mais une plateforme de contenu fédéré le peut.
Points à retenir
- Les SGC traditionnels sont souvent inadaptés aux exigences actuelles du marché.
- Les entreprises doivent privilégier des solutions permettant des expériences utilisateurs fluides et modernes.
- Les systèmes monolithiques laissent place à des architectures modulaires et composables.
- Une approche fédérée peut aider à gérer efficacement le contenu dispersé sur plusieurs plateformes.
- L’innovation passe par une compréhension des besoins évolutifs des clients et un engagement à s’adapter.
En somme, la transition vers une gestion de contenu plus agile et fédérée est non seulement une nécessité, mais aussi une opportunité pour redéfinir ce que signifie offrir une expérience client enrichissante. En confrontant les défis du contenu moderne, les entreprises ne devraient pas seulement se concentrer sur la solution immédiate, mais aussi envisager le paysage en constante évolution de l’expérience numérique. Il est temps de s’interroger : comment nos choix actuels influenceront-ils le futur du contenu et de l’expérience client ?

