Les utilisateurs d’Internet se souviendront avec nostalgie de Vine, ce réseau social acquis par Twitter qui permettait de réaliser des vidéos de quelques secondes. Cette idée, bien que primitive, a servi de tremplin pour des plateformes comme TikTok et Reels, qui sont disponibles en Espagne depuis plusieurs années.
Aujourd’hui, plusieurs projets émergent pour tenter de relancer ce concept. Parmi eux, DiVine, une plateforme décentralisée portée par Twitter, qui vise à ressusciter l’essence originale de Vine. Son PDG s’est récemment exprimé contre l’essor de l’intelligence artificielle, à un moment où l’application connaît un nouveau souffle.
Dans une interview accordée à Business Insider, Evan Henshaw-Plath, ancien employé de Twitter, a fortement critiqué le phénomène du ‘AI Slop’, cette masse de contenu de faible qualité généré par l’IA qui inonde les réseaux sociaux actuels.
La nouvelle Vine face à l’IA
L’idée de DiVine repose sur la volonté de revivre la célèbre plateforme Vine, qui a vécu son heure de gloire au début des années 2010. Lancée en 2013, Vine permettait de visionner des vidéos en boucle de 6 secondes maximum — extension qui a ensuite permis des vidéos de 140 secondes.
Ce service a été acquis par Twitter peu après sa création en juin 2012, avant d’être lancé officiellement en janvier 2013. Son développement a été arrêté en 2016, entraînant sa disparition complète.

Accueil de DiVine.
Le 13 novembre dernier, l’ancien PDG de Twitter a annoncé son soutien à DiVine, une application dirigée par Evan Henshaw-Plath pour faire revivre cette plateforme. Il a même pu récupérer plusieurs vidéos publiées sur l’ancienne Vine.
Henshaw-Plath, surnommé Rabble, a réussi à récupérer entre 150 000 et 200 000 vidéos de 60 000 créateurs différents. Tout comme Vine, DiVine met l’accent sur le contenu original.
Évidemment, en 2013, la montée de l’IA n’était pas encore d’actualité, et nous n’avions pas accès à des outils comme ChatGPT, Copilot ou Gemini. À l’époque, le contenu humain et original était en majorité.
Son PDG souhaite que DiVine ne soit pas seulement une alternative au contenu de mauvaise qualité généré par l’IA, mais également une option contre la création de contenu manipulé par des algorithmes.

Page principale de DiVine.
Henshaw-Plath a exprimé une critique sévère des réseaux sociaux contemporains qui utilisent des algorithmes pour promouvoir un contenu généré par l’IA, optimisé pour correspondre aux attentes des utilisateurs.
‘Rabble’ s’en est également pris à Meta, OpenAI et d’autres entreprises en affirmant que le contenu produit par l’IA ne devrait pas être considéré comme la référence. “Les réseaux sociaux n’étaient pas nés de cela. L’aspect social était primordial”, rappelle son PDG visiblement agacé.
Il a aussi dénoncé le phénomène de ‘enshittification’, qui désigne la dégradation progressive des plateformes favorisées par des logiques de profit au détriment de l’expérience utilisateur.
De nombreuses voix s’élèvent pour affirmer que l’essor du contenu généré par l’IA contribue à cette dégradation d’Internet, en raison de la prolifération de contenus insipides. DiVine pourrait donc représenter une réponse à cette problématique.
Henshaw-Plath assure que DiVine n’est pas une tentative infructueuse de concurrencer Reels ou TikTok, mais plutôt une solution pour ceux qui aspirent à l’authenticité, s’opposant frontalement à la production de contenu alimenté par l’IA.
Cela reflète une vision d’Internet plus simple, fidèle aux idéaux que Jack Dorsey, ancien PDG de Twitter, et Henshaw-Plath défendaient lors de leur direction. Une vision provisoirement ternie par les récentes réorientations de la plateforme.
Points à retenir
- DiVine cherche à relancer l’idée de Vine avec un accent sur le contenu original.
- Sur le thème de l’authenticité, DiVine oppose une résistance à la prolifération de contenus générés par l’IA.
- Henshaw-Plath critique vivement les algorithmes qui dominent les réseaux sociaux modernes.
- Le phénomène d’enshittification illustre la tendance à dégrader les services numériques pour privilégier les profits.
- DiVine pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère de créativité sur Internet, loin de l’optimisation algorithmiquе.
En conclusion, la renaissance d’une plateforme comme DiVine soulève des questions essentielles sur notre rapport à la création de contenu à l’ère numérique. Quelle place accorderons-nous à l’authenticité face à une mécanique de production de masse ? Dans un monde où le virtuel semble parfois supplanter le réel, la quête d’une expérience véritable pourrait devenir le défi incontournable des prochaines années. Réfléchissons à ce que signifie véritablement “être social” dans le monde numérique.

