juillet 26, 2026

Création de contenu

Wilson Soto fait marche arrière et abandonne son projet imposant un titre professionnel aux influenceurs pour partager des informations

Wilson Soto fait marche arrière et abandonne son projet imposant un titre professionnel aux influenceurs pour partager des informations
Le congressiste Wilson Soto
Le congressiste Wilson Soto, membre de la bancada Acción Popular, annonce le retrait de son projet de loi visant à fournir un titre professionnel aux influenceurs et créateurs de contenu.

Le congressiste Wilson Soto, membre de la bancada Acción Popular, a annoncé le retrait de son projet de loi qui visait à attribuer un titre professionnel aux influenceurs, streamers et leaders d’opinion pour diffuser des informations spécialisées sur les réseaux sociaux. Ce texte a suscité des réactions négatives tant chez les utilisateurs que chez les experts en communication digitale, qui le jugeaient excessif au regard de la liberté d’expression dans le domaine numérique.

Soto a partagé cette annonce par le biais d’un communiqué sur ses réseaux sociaux. Dans ce message, le législateur a affirmé que cette décision reflète une volonté d’écoute envers la population, suite à la polémique engendrée par cette initiative depuis son enregistrement au Congrès.

Le projet avait pour but que ceux qui produisent du contenu digital sur des sujets tels que la santé, l’éducation ou la sécurité soient tenus d’accréditer leurs connaissances spécialisées et d’être soumis à une surveillance par les autorités. Il prévoyait aussi un enregistrement spécial pour les plateformes de contenu et des amendes pouvant aller jusqu’à 7 000 USD pour la diffusion d’informations jugées nuisibles.

Dans sa déclaration officielle, Wilson Soto a précisé que le principal motif du retrait était de prendre en compte les préoccupations de la société et de reporter le débat législatif.
“Avec la responsabilité et l’humilité qui caractérisent toujours mon travail, j’informe la population que j’ai décidé de retirer ce projet de loi réglementant l’activité des créateurs de contenu numérique. Cette décision n’est pas le résultat de pressions, mais un acte d’écoute, de responsabilité et de compréhension que ce n’est pas le bon moment pour avancer avec cette proposition”, a-t-il déclaré.

Le parlementaire a souligné que la problématique initiale persiste, mais a reconnu que la conjoncture nationale exigeait davantage de prudence dans la discussion. Il a affirmé que l’intention du projet était de protéger le droit de la population à recevoir des informations fiables, sans restreindre l’accès à l’opinion et à la création de contenu digital.

Soto a exprimé son souhait que ce moment soit l’occasion d’initier un débat sérieux et nécessaire sur la responsabilité d’influencer de larges audiences, dans un contexte de transformations profondes de la consommation des médias. “J’espère que cela marquera le début d’une discussion cruciale sur la régulation de l’information sur les réseaux sociaux”, a-t-il expliqué.

Cette initiative avait inquieté des collectifs de journalistes et de défense de la liberté d’expression, qui avaient averti sur les risques potentiels pour l’accès ouvert à la communication digitale.

Dans son communiqué, Wilson Soto a insisté sur la gravité des risques liés à la désinformation. Il a noté qu’au cours des dernières années, des milliers de Péruviens ont été exposés à des informations erronées et à des conseils irresponsables concernant la santé, l’éducation et la finance, relayés par des figures ayant une forte présence sur le numérique.

“Nous ne pouvons ignorer qu’une personne avec des milliers ou des millions de followers a une immense capacité d’influence sur des décisions cruciales pour les familles péruviennes. Nous avons observé des cas de traitements non prouvés, de conseils médicaux non fondés, de recommandations financières à risque, ou de contenus qui mettent même en danger l’intégrité physique des individus”, a-t-il affirmé.

Le législateur a critiqué l’absence de normes visant à protéger les citoyens face à des conseils ou recommandations sans fondement professionnel. Il a souligné que ces actions pourraient avoir des conséquences irréversibles, notamment en matière de santé publique ou de patrimoine personnel.

Soto a mis en avant la nécessité de rechercher des consensus futurs pour lutter contre la désinformation, mais a réaffirmé que sa proposition sera pour l’heure mise de côté. Il a réitéré son engagement à promouvoir des alternatives légales en faveur de la population, tout en préservant le droit à l’information et à l’opinion dans des environnements digitaux.

Le projet de loi stipulait des critères tels que l’accréditation d’un titre professionnel ou d’un certificat pour que les créateurs de contenu digital puissent diffuser des informations spécialisées sur la santé, l’éducation ou la sécurité. L’initiative prévoyait également un enregistrement obligatoire auprès de la Secrétariat gouvernemental et transformation digitale de la présidence du Conseil des ministres et incluait la possibilité de surveillance et de sanction par Indecopi.

Les influenceurs pourraient faire face à des sanctions
Les influenceurs pourraient également être sanctionnés s’ils diffusent des informations fausses mettant en danger la santé publique. – Crédit Freepik

Les amendes pouvaient atteindre jusqu’à 5 UIT, soit 7 000 USD, pour ceux qui diffusaient de fausses informations sur des traitements médicaux ou des remèdes à des maladies. De plus, le texte prévoyait la possibilité de retirer le contenu publié, ainsi que des sanctions administratives supplémentaires.

La proposition de Soto a immédiatement suscité des critiques de la part de collectifs de communicateurs numériques, d’experts en droits digitaux et d’organisations de la société civile. Ils ont défendu que l’imposition de titres professionnels comme condition à la libre information sur les réseaux, restreignait l’accès démocratique à l’opinion et imposait des barrières injustifiées dans l’écosystème digital.

Malgré le retrait du projet, le débat reste ouvert sur les défis de la régulation de l’information dans les plateformes numériques et la recherche de mécanismes permettant de protéger les citoyens, sans pour autant porter atteinte à la liberté d’expression.

Points à retenir

  • Le projet de loi de Wilson Soto visait à encadrer et à professionnaliser les contenus numériques.
  • Le retrait de l’initiative témoigne d’une écoute des préoccupations publiques sur la liberté d’expression.
  • Des préoccupations persistent quant à la désinformation sur les réseaux sociaux.
  • Le débat sur la responsabilité des influenceurs et des créateurs de contenu se poursuit.
  • Un équilibre entre régulation et liberté d’expression demeure à trouver.

En conclusion, cet épisode soulève des questions profondes sur l’équilibre entre la régulation nécessaire pour protéger la société de la désinformation et le respect fondamental de la liberté d’expression. Comment concilier ces deux impératifs, sans nuire à la diversité des voix qui alimentent le débat public ? Une réflexion indispensable à une époque où l’information circule plus vite que jamais.


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