juillet 26, 2026

Marketing

Le marketing d’influence dans la mode fast-fashion et l’alimentation : sous le regard critique de l’Europe

Le marketing d'influence dans la mode fast-fashion et l'alimentation : sous le regard critique de l'Europe

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Vous avez sans doute remarqué certaines de ces pratiques sur Instagram ou TikTok. Des influenceurs déballent et essayent des vêtements de plateformes comme Shein ou Temu pour illustrer combien d’articles on peut acquérir pour un budget réduit. D’autres présentent des imitations d’articles ou d’accessoires issus de marques de fast-fashion. Ces stratégies marketing sont couramment appelées “hauls” ou “try-on hauls” et les vidéos de types “dupe”.

Le marketing d’influence promeut également des publicités pour des aliments peu recommandables. Au Portugal, McDonald’s a collaboré avec un streamer populaire pour explorer un monde dans Minecraft. À d’autres occasions, les influenceurs partagent des codes de réduction pour des marques de fast-food, réalisent des tests de goût, des défis de saveurs ou des sketches comiques associés à des boissons ou des snacks.

Un nouveau rapport de l’Organisation Européenne des Consommateurs (BEUC) souligne les problèmes soulevés par le marketing d’influence, tels que le manque de transparence, les partenariats commerciaux non divulgués et les incitations à la surconsommation.

Agustín Reyna, Directeur Général de la BEUC, a déclaré à Euronews : “Dans certains cas, nous pensons qu’il y a une violation du droit européen, en particulier lorsqu’il s’agit de promouvoir quelque chose pour lequel on est rémunéré sans l’indiquer au consommateur. C’est couvert par les lois de protection des consommateurs.” Il ajoute : “Cependant, ce que le droit de l’UE ne couvre pas, c’est la relation entre les influenceurs et les marques, ainsi qu’entre les influenceurs et les plateformes.”

D’après la BEUC, 67 % des publications d’influenceurs surveillées promouvant des aliments peu sains ne mentionnaient pas de partenariat avec une marque, que ce soit sous forme de don ou de promotion payante.

Par conséquent, l’Organisation Européenne des Consommateurs recommande d’établir une responsabilité conjointe entre les influenceurs, leurs agences et les marques en cas de violation des lois sur la consommation. Elle plaide également pour une interdiction du marketing d’influence dans des secteurs sensibles comme la promotion d’aliments peu sains à destination des enfants. À l’échelle nationale, certains pays européens ont adopté des règles pour réguler les activités commerciales des influenceurs. En France, l’Assemblée Nationale et le Sénat ont approuvé une proposition d’interdiction du marketing d’influence pour la fast-fashion. La Norvège a également interdit aux influenceurs de promouvoir des aliments et des boissons peu sains à destination des enfants.

De son côté, la Commission Européenne devrait présenter le projet de loi sur l’Équité Numérique l’année prochaine pour s’attaquer aux pratiques en ligne déloyales et au marketing d’influence trompeur.

Points à retenir

  • Les influenceurs utilisent des stratégies variées pour promouvoir des produits à bas prix.
  • Le marketing d’influence peut être associé à la promotion d’aliments peu sains.
  • Un rapport de la BEUC met en avant un manque de transparence et un risque de surconsommation.
  • La majorité des promotions d’aliments peu sains ne révèlent pas de partenariat avec des marques.
  • Des pays européens prennent des mesures pour encadrer le marketing d’influence.

La question se pose : jusqu’où devrait-on aller pour protéger les consommateurs dans l’univers numérique ? Les influenceurs occupent une place centrale dans la consommation contemporaine, mais il est crucial d’interroger les implications éthiques de leurs collaborations. Entre créativité et responsabilité, la balance peut parfois s’avérer délicate. Reste à savoir comment les réglementations en place réussiront à naviguer dans cet écosystème en constante évolution, tout en préservant l’authenticité qui attire tant de personnes vers ces nouvelles figures d’autorité digitale.


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