juillet 25, 2026

Marketing

« Vivre des réseaux ne suffit plus en Colombie : pourquoi de nombreux influenceurs retournent au travail traditionnel ? »

« Vivre des réseaux ne suffit plus en Colombie : pourquoi de nombreux influenceurs retournent au travail traditionnel ? »

Travailler exclusivement grâce aux réseaux sociaux a longtemps été considéré comme un rêve idéal. Cependant, avec la montée en puissance des créateurs de contenu et les défis croissants pour attirer l’attention des audiences, cette ambition se transforme.

Il est important de noter que le marketing d’influence ne fléchit pas. En effet, en Amérique Latine, on prévoit qu’en 2027, ce marché atteindra près de 31 milliards de dollars, selon iLifeBelt.

Selon Alexia De la Morena, directrice du master en Marketing et Gestion Commerciale à l’EAE (réseau d’écoles supérieures Planeta), l’émergence de nouveaux créateurs et plateformes modifie les attentes de ces derniers. En Colombie, par exemple, la majorité des créateurs sur Instagram et TikTok sont des nano et micro-influenceurs, dont les revenus se situent entre 50 et 500 dollars par publication.

Cependant, la régularité des opportunités de collaboration avec des marques et les niveaux d’investissement qui sont souvent modestes exigent une attention particulière sur le plan financier, en raison de cette instabilité.

Moins d’exclusivité aux réseaux sociaux

De la Morena souligne que de nombreux nouveaux influenceurs retournent à un emploi plus traditionnel. Le Brésil est un exemple marquant de ce phénomène.

Elle précise que ces créateurs abandonnent leur dédication exclusive aux plateformes numériques pour rechercher une plus grande stabilité économique et des avantages sociaux, cherchant un quotidien moins volatil où des revenus fixes mensuels apportent une tranquillité d’esprit.

« Il existe une grande illusion autour de la vie grâce aux réseaux sociaux, mais dépendre entièrement des vues et des algorithmes engendre une insécurité financière, insoutenable pour beaucoup. Bien que l’exposition et les followers aient leur valeur, le défi majeur consiste à transformer cette attention en sources de revenus diversifiées et stables », ajoute la spécialiste.

Elle mentionne également que plusieurs éléments incitent les influenceurs à repenser leur stratégie de carrière comme unique source de revenus. La dépendance aux algorithmes, qui évoluent souvent et peuvent affecter le reach d’un jour à l’autre, signifie que même les comptes avec un large public peuvent voir leurs revenus fluctuer radicalement d’un mois à l’autre.

Des recherches ont montré que de nombreux créateurs vivent des périodes de revenus relativement élevés suivies de moments de paiements minimum ou inexistants, rendant ainsi difficile toute planification à long terme.

« Vivre uniquement de l’Internet peut s’avérer très incertain si l’on ne parvient pas à établir une base de revenus multiples. Cela inclut des projets parallèles comme des consultances, des produits propres, des cours, des collaborations avec des marques ayant des contrats stables ou un emploi formel offrant cette sécurité et ce développement professionnel à long terme », souligne De la Morena.

Elle conclut que pour beaucoup, l’idéal serait de ne pas s’en remettre entièrement aux réseaux sociaux, mais plutôt d’en faire partie intégrante d’une stratégie professionnelle diversifiée.

Points à retenir

  • Une projection de 31 milliards de dollars pour le marketing d’influence en Amérique Latine d’ici 2027.
  • Les nano et micro-influenceurs, majoritaires sur Instagram et TikTok, gagnent entre 50 et 500 dollars par publication.
  • La dépendance aux algorithmes impacte la stabilité économique des créateurs de contenu.
  • De nombreux influenceurs retournent à des emplois traditionnels pour plus de sécurité.
  • Il est conseillé d’intégrer d’autres sources de revenus pour assurer un revenu stable et diversifié.

Le paysage des réseaux sociaux continue d’évoluer, nous amenant à réfléchir sur les véritables fondements d’une carrière durable dans ce domaine. Plutôt que de s’accrocher à l’illusion d’une pleine indépendance, pourrait-on envisager une approche plus équilibrée où les plateformes sociales deviennent un outil au service de projets diversifiés ? Cela inviterait à repenser les dynamiques de la créativité et des opportunités professionnelles.


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