VALENCE. “Nous souhaitons doubler le chiffre d’affaires de Zumex en trois ans grâce à une croissance organique et des acquisitions”. C’est ce qu’affirme Yan Sirera, nouveau PDG de l’entreprise, récemment nommé après la montée de Víctor Bertolín à la présidence exécutive. Fort de 25 ans d’expérience dans le secteur de la grande consommation, ayant travaillé pour des géants comme Danone et PepsiCo, Sirera a pris la tête de l’entreprise à un moment où le fonds Columna Capital a récemment investi dans Zumex, renforçant ainsi ses capacités d’expansion.
Depuis, Zumex a intensifié sa croissance sur des marchés clés, notamment aux États-Unis, qui est devenu son principal débouché commercial. L’entreprise a réorganisé ses équipes internes et élargi sa présence internationale pour renforcer sa position sur des marchés matures tout en augmentant son empreinte sur ceux où le jus frais est encore peu développé. L’innovation joue aussi un rôle central, avec des lancements tels que Zitrux, la première machine auto-nettoyante du secteur, permettant d’ouvrir de nouvelles opportunités tant dans le retail que dans les services alimentaires.
– Pourquoi avez-vous accepté le poste de directeur général de Zumex ?
– Au départ, j’ai dû réfléchir profondément. Après plus de 20 ans dans de grandes multinationales, il était important pour moi de me tourner vers des entreprises de taille plus modeste mais avec un potentiel de croissance, soutenues par un capital solide. La clé est de trouver une entreprise avec un ADN fort, une marque reconnue et un portefeuille de produits attractifs. En apprenant à connaître Zumex, j’ai découvert qu’elle était déjà présente dans des chaînes telles que Carrefour Market, bien que j’ignorais son ampleur. Après avoir été approché par Columna Capital, j’ai vu une opportunité, car Zumex est un leader dans son domaine, ce qui implique de justifier son positionnement en termes de qualité et de valeur.

– Quels ont été vos progrès en matière d’internationalisation cette année ?
– Nous avons fait de grands progrès. Les États-Unis sont maintenant notre premier marché, offrant également le plus grand potentiel. Bien que le marché espagnol soit mûr, la pénétration du jus frais y reste inférieure à 40%. Aux États-Unis, c’est encore plus bas, ce qui offre d’immenses possibilités. Nous visons à renforcer notre présence là où nous sommes déjà établis, en mettant l’accent sur notre force commerciale. Nous avons également renforcé notre équipe avec de nouveaux recrutements pour garantir notre succès.
– Quels types de nouveaux recrutements avez-vous réalisés ?
– Nous avons embauché une directrice pour l’EMEA et l’Asie, une position cruciale pour notre chiffre d’affaires. Nous avons également un directeur des ventes aux États-Unis, expert dans différents modèles de mise sur le marché. Nous avons optimisé notre organisation pour mieux répondre aux exigences de chaque secteur.
– Quel est le solde de votre clientèle entre les services alimentaires et le retail ?
– Nous sommes actuellement à un équilibre d’environ 50-50 entre ces deux segments, bien que la division industrielle prenne de l’importance. Nos récents efforts d’innovation nous poussent davantage vers le retail, mais nous restons attentifs à l’équilibre entre les deux secteurs en fonction des cycles économiques.
– Existe-t-il encore de la place pour grandir dans les supermarchés ?
– Nous sommes le fournisseur officiel de Mercadona, présent dans tous ses 1 700 magasins. Nous lançons actuellement Zitrux, une machine révolutionnaire qui s’auto-nettoie, permettant aux vendeurs de mieux utiliser leur temps. Ce produit pourrait transformer notre secteur et nous avons plusieurs projets avec de grandes enseignes. Nous visons à ce que l’Espagne demeure un marché clé pour nous.

– Travaillons-nous avec de grandes chaînes internationales ?
– Oui, plusieurs grandes chaînes collaborent avec nous, et nous procédons à des tests pour Zitrux. Toutefois, il reste essentiel d’éduquer le marché sur l’importance du jus frais dans certains pays. Dans des marchés matures comme la France ou l’Espagne, il s’agit davantage de prouver que nos machines sont supérieures.
– Quels pays visent cette éducation ?
– Nous concentrons nos efforts sur des pays européens tels que la France, l’Espagne, l’Italie, où la consommation de jus est déjà bien ancrée. Tandis qu’aux États-Unis et dans certains pays d’Amérique latine, notre priorité est d’éduquer les consommateurs sur les bénéfices du jus frais.
Nous proposons différentes machines qui s’adaptent à divers marchés, en fonction des préférences culturelles et de consommation.
– D’autre projets d’innovation en cours ?
– Oui, Zitrux est notre produit phare qui redéfinit le marché. Nous avons investi quatre ans dans son développement pour garantir sa qualité. Notre objectif est également de réduire le gaspillage, d’intégrer des technologies de connectivité, et d’explorer d’autres fruits au-delà de l’orange. Nous travaillons non seulement dans le retail mais aussi dans les services alimentaires et le secteur industriel, pour apporter des solutions plus adaptées.
– Est-ce que vous envisagez d’entrer sur le marché domestique ?
– Bien que je sois passionné par la consommation, notre priorité reste le secteur professionnel, où nous avons encore beaucoup à accomplir. Cependant, rien n’est exclu pour le futur.
– Avez-vous acquis d’autres entreprises récemment ?
– Pas encore. Nous étudions plusieurs options qui nous semblent stratégiques et alignées avec notre ADN. Nous souhaitons croître de manière réfléchie et non précipitée.
– Les politiques commerciales affectent-elles l’entreprise ?
– Grâce à notre équipe dédiée aux États-Unis, nous gérons bien les défis du marché. Nous avons ajusté nos prix pour compenser une partie des droits de douane, ce qui a été bien réagi par le marché, sans impact négatif significatif.
– Comment envisagez-vous l’avenir proche ?
– Nous restons alignés avec notre vision, “ZumeX2”, avec l’ambition de doubler notre taille dans les trois prochaines années. L’innovation sera clé dans notre stratégie de croissance, tout comme notre capacité à pénétrer de nouveaux marchés.

– Quels sont vos projets pour 2026 ?
– Nous continuerons à nous concentrer sur les marchés clés, notamment aux États-Unis, tout en cherchant à renforcer notre présence en Amérique Latine. Nous mettrons également en œuvre une nouvelle structure à partir de janvier pour optimiser notre portée en Europe.
– Quel impact ce développement aura-t-il sur les employés et les distributeurs ?
– Notre objectif de croissance passe principalement par l’organique, en réaffectant des ressources vers notre savoir-faire en innovation et en services. Nous ajustons aussi notre stratégie avec certains distributeurs pour améliorer l’impact de notre présence.
Points à retenir
- Yan Sirera souhaite doubler le chiffre d’affaires de Zumex dans un délai de trois ans par des acquisitions et une croissance organique.
- Les États-Unis sont devenus le principal marché de l’entreprise, offrant un potentiel de développement important.
- Une réorganisation interne et de nouveaux recrutements visent à optimiser l’efficacité et la stratégie de croissance.
- La machine Zitrux, qui s’auto-nettoie, représente une innovation majeure pour le secteur.
- Le marché intérieur et international est exploré pour l’expansion, y compris des projets avec de grandes chaînes.
- Des priorités claires en matière d’innovation et de diversification de produits guideront l’entreprise dans les années à venir.
Alors que Zumex se positionne pour l’avenir, il est fascinant de réfléchir à l’articulation entre innovation et tradition dans une industrie en constante évolution. La façon dont l’entreprise naviguera entre les défis du marché et ses aspirations de croissance pose la question : comment les entreprises peuvent-elles trouver un équilibre entre l’innovation radicale et le respect des attentes des consommateurs ? Les réponses à cette interrogation pourraient bien façonner le paysage économique de demain.

